30.06.2007
La souveraineté du peuple...
(extrait de BOUILLON Victor, La politique de saint Thomas, éd Letouzey 1927, ouvrage dédié à Charles Maurras)
La démocratie formelle ne s'est vue nulle part, chez aucun peuple, à aucune période de l'histoire. Il y a eu des gouvernements monarchiques, aristocratiques, voire populaires, en ce sens du moins qu'ils affichaient la prétention de s'exercer au nom de la plèbe, et à son profit. Il y a eu des élargissements de minorités dirigeantes, des transferts d'influences d'un parti ou d'une classe à l'autre, des gouvernements par la tête et des gouvernements par les pieds. Mais nulle part n'est apparu ce phénomène : un peuple qui se gouvernât lui-même directement, un peuple souverain. Il est même intéressant de constater que jamais le peuple ne fût moins souverain que sous les chefs qu'il s'était choisis.
Car il arrivait généralement de deux choses l'une :
Ou les nécessités du pouvoir étaient plus fortes que les enfantines prétentions de la foule, et que les calculs intéressés des partis ; elles s'imposaient aux élus, et ceux-ci, soucieux de ne pas laisser se détendre entre leurs mains les ressorts d'une autorité toujours prête à leur échapper et qu'ils ne retenaient qu'en l'exagérant, étaient entraînés vers l'autocratie. La foule, qui croyait s'être donné des esclaves, ne tardait pas à s'apercevoir qu'elle s'était mise aux mains des tyrans.
Ou les élus, au contraire, s'abandonnaient. Dans la mesure où leur nombre s'accroissait et tendait à s'égaler à la multitude même, c'est-à-dire dans la mesure où ils cessaient d'être des chefs, où leur autorité se dispersait et se dissolvait dans la multitude, la société tendait à l'anarchie qui est l'évanouissement de la souveraineté. Historiquement, le gouvernement du peuple par le peuple est un mythe. Et il n'en pouvait être autrement, puisqu'il est logiquement une absurdité.
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27.02.2007
Impots, toujours des impots!
Extrait de Principes d’économie politique de Matteo Liberatore sj, édité en 1899
“Quant à nous, nous insistons seulement sur deux préceptes.
Le premier précepte est que les impôts doivent être en général aussi légers que possible. On avait cru que ce résultat serait plus aisément obtenu par l'institution des gouvernements représentatifs. L'expérience a montré le contraire. Sous aucun gouvernement absolu, les taxes ne sont devenues aussi oppressives que sous cette forme nouvelle de gouvernement. Elles se sont élevées à un tel taux et elles se sont étendues si universellement à toutes les parties de la vie, que désormais on peut les nommer un véritable pillage des revenus privés.
Et le pire, c'est qu'il n'y a plus personne à qui s'en prendre, le gouvernement représentatif étant, comme on dit, impersonnel. Le Parlement qui fait la loi n'est qu'une abstraction ; les ministres qui l'ont fait exécuter se retirent ; et bonsoir, il n'y a plus personne.
L'augmentation des taxes a fait hausser démesurément le prix des denrées et le loyer des maisons, de sorte que les pauvres gens ne savent plus comment faire pour vivre. Et ce ne sont pas seulement les pauvres gens qui languissent dans la misère ; mais les personnes de très modeste fortune ne savent plus comment se maintenir dans leur condition, quelque médiocre qu'elle soit, et sont contraintes de descendre au niveau du bas peuple et de s'appliquer à quelque métier. La classe moyenne tend à disparaître.
La conséquence est que, si la souveraine providence de Dieu ne vient à notre aide, la société bientôt ne se divisera plus qu'en deux classes, celle des gens démesurément riches et celle des gens n'ayant rien, la plèbe réduite à la misère et l'aristocratie de l'argent.”
è La République, un système qui a toujours généré taxes multiples et impôts écrasants!!
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