17.02.2007
Le gouvernement collectif tourne plus souvent à la Tyrannie....
in, Thomas d’Aquin, Du royaume (De regno), I, 5

On doit donc fuir les périls qui proviennent du gouvernement de plusieurs, beaucoup plus que ceux qui proviennent du gouvernement d'un seul. En outre, on ne voit pas le gouvernement de plusieurs tourner à la tyrannie moins souvent que le gouvernement d'un seul, mais peut-être plus fréquemment.
Car lorsque la discorde s'est élevée au coeur du gouvernement collectif, il arrive souvent que l'un des gouvernants, s'imposant à ses collègues, s'approprie le pouvoir sur la multitude ; conjoncture qu'on retrouvera facilement parmi les évènements du passé. La plupart des gouvernements collectifs se sont terminés par la tyrannie ; c'est ce qui apparaît clairement dans l'exemple de 1'Etat romain qui, ayant été longtemps administré par plusieurs magistrats, vit de ce fait naître en son sein des rivalités et des dissensions, puis des guerres civiles, et finit par tomber sous le joug des plus cruels tyrans.
D'une façon générale, l'observateur attentif de l'histoire d'hier et de celle d'aujourd'hui reconnaîtra que les tyrans ont sévi plus nombreux dans les pays gouvernés par une collectivité que dans ceux où le pouvoir n'appartenait qu'à un seul. Si donc la royauté, qui est le meilleur gouvernement, semble devoir être évitée surtout à cause de la tyrannie, celle-ci en revanche se rencontre non pas moins, mais plus facilement dans le gouvernement de plusieurs que dans le gouvernement d'un seul ; il en résulte tout simplement qu'il est plus avantageux de vivre sous un seul roi que sous un gouvernement collectif.
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16.01.2007
Aristote
La rubrique "livres" de ce blog, dans laquelle différents ouvrages d'actualité ou de doctrine, vous ont déjà été proposés, va désormais s'enrichir. En effet, nous allons tenter de vous présenter un résumé pour chaque ouvrage. Aujourd'hui nous évoquerons le livre de René Lefebvre intitulé La Politique, d'après la pensée d'Aristote.
La pensée politique d’Aristote resterait-elle d’actualité ? Pour s’en convaincre il suffit de lire la petite brochure (64 pages) que lui consacre René Lefebvre, dans la collection Ellipses. On y trouvera un résumé de l’œuvre, des extraits significatifs et les commentaires correspondants. D’un abord facile, cette synthèse vous permettra de (re)découvrir quelques principes de bon sens que l’on voudrait bien voir pris en compte par la classe politique française. Selon Aristote « la société et son organisation politique sont voulues par la nature », par l’ordre naturel des choses, car l’homme est un animal politique. Les Etats n’existent pas en vertu de contrats rousseauistes. On distinguera les régimes « où les décisions sont au service du bien commun » des autres régimes, réputés déviants. Contre le totalitarisme, le Philosophe prône l’unité politique mais dans une saine diversité ; au passage il critique la cité idéale de Platon qui, à l’instar de ce que l’on voit de nos jours, brise le lien familial : « Il vaut mieux , en fait, être propre cousin de quelqu’un , que son fils à la mode platonicienne ». « La loi doit éduquer à tous les types de vertus ». Proposition que l’on retrouvera chez Thomas d’Aquin qui donne comme définition du bien commun« la vie selon la Vertu » (et non pas selon le Vice, comme dans nos républiques). Enfin « Aristote énonce à plusieurs reprises des préférences pour les régimes aristocratiques dont le comble est la royauté qui appelle le même éloge ». Quant à la démocratie il s’agit du régime dans lequel la multitude commande sans souci du bien commun. « Aristote ne peut donc que condamner ce régime déviant ». Vous trouverez beaucoup d’autres éléments de science politique au fil de ces quelques pages…
Lefebvre René, Politique – Aristote, collection Ellipses. Dans cette même collection, on peut recommander : Pellegrin Pierre, Le vocabulaire d’Aristote. Egalement Nodé-Langlois Michel, Le vocabulaire de saint Thomas d’Aquin.
*Merci à BdM pour ce résumé
11:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aristote, politique, pensée d'aristote